Un enfant de 14 ans et un homme de 21 ans ont été foudroyés ce lundi 3 août 2026 sur le GR10, sous la Hourquette d’Ossoue, entre le refuge des Oulettes de Gaube et le refuge de Bayssellance, sur la commune de Cauterets (Hautes-Pyrénées), vers 2 700 mètres d’altitude. Évacués en hélicoptère par le PGHM vers l’hôpital de Tarbes, les deux randonneurs sont, depuis le mardi 4 août, « conscients et hospitalisés en état stable » selon le parquet de Tarbes : leur pronostic vital n’est plus engagé. Bilan actualisé le 6 août à 22 h.
Mise à jour du mardi 4 août : le pronostic vital n’est plus engagé #
Le bilan a évolué favorablement. « Les deux victimes sont conscientes et hospitalisées en état stable », a écrit le parquet de Tarbes mardi 4 août à la mi-journée, cité par franceinfo (article du 4 août, 12 h 59, mis à jour à 16 h 28) et ici Béarn Bigorre (4 août, 12 h 22). « Leur pronostic vital n’est pas engagé », poursuit le ministère public, « mais les médecins ne peuvent pas se prononcer à ce stade sur les conséquences exactes » qui pourront être constatées après le suivi des soins.
Selon le major Jean-Michel Rodé, du PGHM, cité par ici Béarn Bigorre (4 août, 17 h 36), les deux randonneurs ont été électrisés « avec pour conséquence une perte de connaissance initiale pour l’un et une perte de mobilité-sensibilité sur un membre inférieur pour l’autre ». Le parquet de Tarbes n’ouvre pas d’enquête, « en l’absence d’infraction pénale », s’agissant de « phénomènes naturels et accidentels » ; aucune imprudence particulière n’a été constatée, et l’intensité du phénomène orageux n’avait pas été « annoncée » par les bulletins météorologiques, « même si des orages avaient été signalés ».
Le drame s’est produit sur l’une des étapes les plus hautes du GR10, alors que le département n’était placé qu’en vigilance jaune orages. Une réalité que tout marcheur doit intégrer : le danger de foudre n’attend pas la vigilance orange.
Ce que l’on sait, source par source #
Selon France 3 Occitanie (article publié le 3 août à 19 h 43), deux familles randonnaient ensemble lorsque la foudre a frappé deux membres du groupe : un enfant de 14 ans, touché à la tête, et un homme de 21 ans, atteint au thorax. Un de leurs téléphones a émis un signal de secours par satellite, et un membre du groupe est descendu au refuge des Oulettes de Gaube pour alerter le PGHM (peloton de gendarmerie de haute montagne). La Semaine des Pyrénées évoque de son côté un groupe de 15 personnes ; les deux descriptions ne sont pas incompatibles, nous les rapportons telles quelles. Depuis le mardi 4 août, ici Béarn Bigorre parle d’« un groupe d’une quinzaine de personnes », toutes indemnes à l’exception des deux victimes — nous conservons ces versions sans trancher.
Sur l’heure de l’alerte, les rédactions divergent légèrement : France 3 écrit que l’hélicoptère du PGHM a été « alerté à 15h36 », quand ici Béarn Bigorre (publié à 18 h 25, mis à jour à 21 h 02) la situe « un peu avant 16h ». L’hélicoptère — deux membres d’équipage, deux secouristes, un médecin du SAMU en montagne — a évacué les victimes vers l’hôpital de Tarbes avant que la météo ne se dégrade à nouveau.
Au moment où nous écrivons ces lignes (lundi 3 août, 23 h), aucune source ne fait état d’un décès : le pronostic vital des deux randonneurs « était encore engagé lundi soir, dans l’attente d’examens complémentaires », écrivait La Semaine des Pyrénées dans un article publié à 21 h 45. Ce bilan est dépassé : voir la mise à jour du mardi 4 août en tête d’article.
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En bref
- 2 victimes : un enfant de 14 ans (touché à la tête) et un homme de 21 ans (touché au thorax) ; en pronostic vital engagé lundi soir, ils sont depuis le mardi 4 août « conscients et hospitalisés en état stable » (parquet de Tarbes).
- 2 734 m : l’altitude de la Hourquette d’Ossoue, point culminant du GR10, sous laquelle la foudre a frappé.
- 15h36 ou « peu avant 16 h » : l’heure de l’alerte selon les sources (France 3 / ici Béarn Bigorre).
- Environ 100 personnes sont foudroyées chaque année en France, rappelle ici Béarn Bigorre.
Oulettes de Gaube – Bayssellance : le toit du GR10 #
Le lieu de l’accident n’est pas un sentier anodin. La Hourquette d’Ossoue, à 2 734 mètres d’altitude, est le point culminant de tout le GR10. Ce passage relie le refuge des Oulettes de Gaube (2 151 m), face à la face nord du Vignemale, au refuge de Bayssellance (2 651 m), sur une étape classique très parcourue en août.
Cette portion cumule tout ce qui complique la gestion d’un orage : une longue montée au-dessus de 2 500 mètres, un terrain minéral découvert, aucun abri entre les deux refuges, et un passage du col qui tombe souvent en milieu d’après-midi — le créneau exact des orages d’été en montagne. Les victimes ont été frappées vers 2 700 mètres, sous le col.
Vigilance jaune ne veut pas dire risque faible #
C’est l’enseignement le plus important de cette journée : lundi, les Hautes-Pyrénées étaient en vigilance jaune orages — pas orange —, comme le souligne aussi La Semaine des Pyrénées. Beaucoup de marcheurs lisent le jaune comme un quasi feu vert ; c’est une erreur. Le jaune signale un phénomène dangereux possible mais localisé : si la cellule éclate au-dessus du col que vous franchissez, la couleur de la carte ne change rien à la violence de l’impact.
La journée de lundi était d’ailleurs orageuse sur une large partie du pays, comme le détaille le point vigilance du jour. Et l’épisode n’est pas terminé : au bulletin national de 22 h 03, 57 départements étaient encore annoncés en jaune orages pour la journée de mardi. Ces mêmes cellules orageuses font aussi des dégâts en plaine, notamment par la grêle — nous avons détaillé ce que l’assurance habitation couvre après un orage de grêle.
En altitude, la bonne décision se prend sur l’horaire et sur le ciel, pas seulement sur la couleur de la carte : partir tôt, basculer les cols avant la mi-journée, interroger le gardien de refuge la veille et accepter de renoncer si les cumulus bourgeonnent.
Orage en montagne : les réflexes officiels #
Météo-France consacre une page à la conduite à tenir en cas d’orage, avec un volet montagne ; la commission médicale de la Fédération française de randonnée, citée par ici Béarn Bigorre, la complète. En résumé :
| À faire | À éviter |
|---|---|
| Fuir les arêtes et les sommets, descendre le plus bas et le plus vite possible | Rester sur un col, une crête ou un point haut |
| S’accroupir pieds joints, si possible sur un matériau isolant (corde, sac sans armature métallique) | S’allonger au sol, s’appuyer contre une paroi ou courir |
| Écarter les objets métalliques : bâtons, piolets, crampons | Garder un bâton, un piolet ou un parapluie à la main |
| S’espacer d’au moins 5 mètres entre membres du groupe | Se regrouper serrés les uns contre les autres |
| Chercher une grotte ou un abri en dur, à distance des parois | S’abriter sous un arbre isolé ou un surplomb |
Un signal satellite au cœur de l’alerte #
Détail marquant du récit de France 3 : l’un des téléphones du groupe a émis un signal de secours par satellite. Les sources ne précisent ni l’appareil ni le dispositif, nous nous en tenons au fait brut. Il dit néanmoins quelque chose d’utile : au-dessus de 2 500 mètres, la couverture mobile est aléatoire — l’alerte a d’ailleurs été doublée par un membre du groupe descendu au refuge des Oulettes de Gaube. Ne comptez jamais sur un seul canal : le 112 quand le réseau passe, le gardien de refuge, et l’itinéraire annoncé à un proche avant de partir.
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Questions fréquentes #
Le GR10 est-il dangereux en été ?
Le GR10 est balisé et jalonné de refuges, mais plusieurs étapes, dont Oulettes de Gaube – Bayssellance, se déroulent au-dessus de 2 500 mètres, où les orages d’été sont fréquents et violents. Environ 100 personnes sont foudroyées chaque année en France. Départ matinal, météo consultée et capacité de renoncer sont indispensables.
Comment anticiper un orage avant une étape en montagne ?
Consultez la carte de vigilance de Météo-France et son bulletin départemental, y compris en jaune : ce niveau signale déjà un risque réel, localisé. Interrogez les gardiens de refuge et calez les passages de cols le matin : en été, l’orage de montagne éclate le plus souvent l’après-midi.
Que faire si l’orage me surprend malgré tout ?
Quittez immédiatement crêtes, sommets et cols en descendant le plus vite possible. Écartez les objets métalliques, accroupissez-vous pieds joints sur un matériau isolant, sans vous allonger ni vous appuyer contre une paroi, et espacez le groupe d’au moins 5 mètres. Une grotte à distance des parois est le meilleur abri ; un arbre isolé ou un surplomb, le pire.
À retenir #
- Deux randonneurs de 14 et 21 ans foudroyés lundi 3 août sur le GR10 à Cauterets ; depuis le mardi 4 août, leur pronostic vital n’est plus engagé, ils sont conscients et hospitalisés dans un état stable (parquet de Tarbes).
- Le département n’était qu’en vigilance jaune orages : en montagne, le jaune impose déjà d’adapter itinéraire et horaires.
- Le tronçon Oulettes de Gaube – Bayssellance culmine à la Hourquette d’Ossoue (2 734 m), point le plus haut du GR10, sans abri intermédiaire.
- Réflexes officiels : fuir les points hauts, s’accroupir pieds joints, écarter le métal, espacer le groupe, jamais sous un arbre isolé.
Article rédigé le 3 août 2026 à 23 h, mis à jour le 6 août 2026 à 22 h avec le bilan du parquet de Tarbes du mardi 4 août. Sources : franceinfo (4 août, 12 h 59, màj 16 h 28), ici Béarn Bigorre (4 août, 12 h 22 et 17 h 36), France 3 Occitanie (19 h 43), ici Béarn Bigorre (3 août, 18 h 25, màj 21 h 02), La Semaine des Pyrénées (21 h 45), Météo-France, vigilance Météo-France (bulletin 22 h 03), Wikipédia (altitudes).
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Les points :
- Mise à jour du mardi 4 août : le pronostic vital n’est plus engagé
- Ce que l’on sait, source par source
- Oulettes de Gaube – Bayssellance : le toit du GR10
- Vigilance jaune ne veut pas dire risque faible
- Orage en montagne : les réflexes officiels
- Un signal satellite au cœur de l’alerte
- Questions fréquentes
- À retenir