Si vous préparez un voyage en Europe depuis le Canada, le Royaume-Uni ou n’importe quel pays exempté de visa, méfiance : des dizaines de faux sites vous proposent déjà d’acheter une autorisation ETIAS… qui n’existe pas encore. L’alerte, relayée le 16 octobre par Profession Voyages, vient de l’ABTA, la grande association britannique des professionnels du voyage. Plus de 150 sites frauduleux encaissent des paiements pour un document que personne ne peut délivrer aujourd’hui.
Les points :
Une autorisation que personne ne peut encore demander #
Rappel rapide pour ceux qui ont perdu le fil : l’ETIAS, c’est la future autorisation de voyage électronique de l’Union européenne. Elle concernera les ressortissants d’une soixantaine de pays dispensés de visa, Britanniques et Canadiens en tête, qui devront l’obtenir avant d’embarquer pour l’espace Schengen.
Sauf que le système n’est tout simplement pas en service. Après plusieurs reports successifs, l’Union européenne a retiré la fenêtre de lancement initialement affichée, comme l’a raconté Euronews cet été : le portail officiel indique noir sur blanc que « ETIAS n’est actuellement pas opérationnel et aucune demande d’autorisation de voyage n’est recueillie à ce stade ». Le scénario le plus souvent évoqué est désormais une mise en route en 2027, dans la foulée d’un système d’entrée/sortie (EES) qui a lui-même semé la pagaille dans les aéroports européens depuis son déploiement au printemps.
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Comment les escrocs s’y prennent #
C’est précisément ce flou qui fait le bonheur des fraudeurs. Leur recette est bien rodée : un nom de domaine crédible, un design qui singe les sites institutionnels, et surtout des ressorts d’urgence artificielle. Compte à rebours avant une prétendue date limite, « places de pré-enregistrement limitées », frais de dossier gonflés… tout est fait pour pousser le voyageur pressé à sortir sa carte bancaire.
Le préjudice est double. Il y a l’argent versé pour un document fictif, évidemment. Mais il y a aussi, et c’est peut-être plus grave, les données personnelles abandonnées en route : numéro de passeport, adresse, date de naissance. De quoi alimenter d’autres fraudes bien après le paiement initial.
Le vrai prix, pour plus tard
Quand l’ETIAS entrera réellement en service, l’autorisation coûtera 20 euros, un tarif revu à la hausse par rapport aux 7 euros prévus à l’origine. Elle sera valable trois ans, ou jusqu’à l’expiration du passeport, et couvrira des séjours allant jusqu’à 90 jours sur toute période de 180 jours. Les moins de 18 ans et les plus de 70 ans en seront exemptés de paiement. Tout site qui vous réclame aujourd’hui une somme différente, ou une somme tout court, est donc par définition hors des clous.
Le seul réflexe qui vaille #
Il n’existe qu’une seule adresse légitime : le portail officiel de l’Union européenne, travel-europe.europa.eu/etias. C’est là, et nulle part ailleurs, que les demandes s’effectueront le moment venu. Bruxelles a d’ailleurs promis d’annoncer la date précise de mise en service « plusieurs mois à l’avance », justement pour couper l’herbe sous le pied des intermédiaires douteux qui prospèrent sur l’effet de surprise.
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En attendant, la consigne tient en une phrase : ne remplissez aucun formulaire, ne payez rien, à personne. Si un site, une publicité ou un e-mail vous presse de « régulariser votre ETIAS avant votre départ », vous avez affaire à une arnaque, point final.
Et pour vos voyages de cet hiver et de 2027 ?
Bonne nouvelle pour les baroudeurs : rien ne change à court terme. Les voyageurs exemptés de visa continuent d’entrer dans l’espace Schengen comme avant, passeport en main, en passant par les contrôles de l’EES là où il est déployé. Ceux qui planifient déjà un grand périple européen pour 2027 ont simplement intérêt à garder un œil sur le portail officiel à l’approche du départ, et à prévoir les 20 euros dans leur budget le jour où le feu passera au vert.
D’ici là, la meilleure assurance contre cette arnaque ne coûte rien : savoir que l’ETIAS n’est pas encore né. Vous voilà prévenus, et c’est toujours ça que les faux sites ne vous prendront pas.




