Nicolas Sarkozy signe son retour politique à Lambersart

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Crédit : Philippe Huguen / AFP

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La ville a la réputation d’être bourgeoise, mais c’est dans un quartier populaire que Nicolas Sarkozy a tenu son premier meeting depuis sa défaite du 6 mai 2012. Tout un symbole pour celui qui concrétise, depuis une semaine, son retour sur le devant de la scène politique.

A voir l’engouement suscité par sa venue, tout donne à penser que ce retour est une réussite : la salle Pierre de Coubertin, pleine à craquer, n’a pas pu contenir les 4 000 à 5 000 militants et sympathisants venus l’écouter. Pour des raisons de sécurité, certains élus se sont même vus refuser l’accès à la salle. Une affluence visiblement attendue puisqu’un un écran géant était installé dans le parc mitoyen. Un parc qui porte le nom de Jean-Louis Borloo.

Le premier à avoir pris la parole est Gérald Darmanin, porte-parole de Nicolas Sarkozy et député-maire de Tourcoing. Il a tenu à féliciter les maires de la « reconquête », ceux qui, en mars dernier, ont ravi à la gauche nombre de villes de la métropole lilloise.

Marc-Philippe Daubresse, maire de centre-droit de Lambersart, a convoqué le général De Gaulle avant de lancer une pique à François Hollande : « Sarkozy n’était pas le problème en 2012, c’était la solution. »

Sarkozy : « Tandis que j’étais silencieux, votre soutien ne m’a pas fait défaut »

A peine arrivé à la tribune, l’ancien chef de l’État rend hommage à Hervé Gourdel, otage français exécuté en Algérie, et invite l’assistance à observer une minute de silence. « Quand la sécurité nationale est en jeu, il faut rester unis. La République se fait toujours plus forte que le crime », a t-il déclaré. Malgré cet appel à la retenue, quelques personnes l’ont sifflé à ce moment-là, certainement pour contester la « récupération » politique du deuil.

Ce n’est qu’après cet hommage que Nicolas Sarkozy s’est adressé à ses électeurs : « Si vous saviez comme je suis heureux de vous retrouver. » L’occasion d’évoquer le silence auquel il s’était résolu depuis la fin de son mandat : « Je n’ai pas voulu alimenter les débats [me concernant], et je ne le ferai pas plus maintenant. »

Avant les présidentielles, l’étape des primaires

Crédit : Philippe Huguen / AFP

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Plutôt que d’évoquer l’UMP – qu’il n’a cité qu’une seule fois et qu’il considère « perdu et divisé » –, Nicolas Sarkozy a préféré parler de « famille politique » – laquelle s’étend jusqu’au centre. Afin de créer une « alternative crédible », il se dit prêt à travailler avec d’autres ténors de l’UMP, comme Alain Juppé ou son ancien premier ministre François Fillon. De même, il se plie à l’idée de passer par la case des primaires en vue de la présidentielle de 2017.

Le recours au référendum – notamment pour la réforme du Parlement et celle des collectivités territoriales – fait partie des « promesses » de Nicolas Sarkozy. « [Il] correspond à l’idée que je me fais de l’intérêt général », insiste celui qui, lors de son quinquennat, n’en a pourtant proposé aucun.

Afin de montrer clairement sa position, celle de l’opposition, Nicolas Sarkozy a dit oui au gaz de schiste et a annoncé vouloir réduire le nombre de fonctionnaires. Il compte s’attaquer, entre autres, au principe de l’emploi à vie qui régit la fonction publique. En matière de travail, il ajoute qu’« il faudra travailler davantage », ce qui n’est pas sans rappeler le « Travailler plus pour gagner plus » de la campagne de 2007.

Hollande et Le Pen en ligne de mire

Pendant son discours, Nicolas Sarkozy n’a épargné ni son successeur ni Marine Le Pen. Il a accusé le gouvernement socialiste d’avoir mené la « destruction systématique de tout ce que nous avons fait ». Derrière ce constat, c’est François Hollande en personne qui est visé : « Que reste t-il de l’immense  »Moi, président » ? […] Les Français éprouvent l’impression qu’au sommet de l’État, ils sont perdus, sonnés, incapables du moindre bond, sans perspective, sans stratégie. »

Également en ligne de mire : Marine Le Pen, accusée d’avoir favorisé l’élection de François Hollande et porteuse d’une « responsabilité claire dans le désastre actuel ». Loin de stigmatiser les électeurs du Front National, Nicolas Sarkozy les défend au contraire : « Ce sont des gens qui souffrent et qu’il faut aider. »

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