Le MajordomeC‘est l’histoire d’un miracle. Un miracle qui a fait d’un « nègre » des champs de coton, un majordome du Président des États-Unis. Passé de la chaleur ségrégationniste du Sud aux couloirs de la Maison Blanche, d’une enfance qui semblait toute tracée à une vie bien réglée, Cecil Gaines (en réalité : Eugene Allen) peut se vanter d’être un miraculé, un chanceux, tout ce qu’on voudra.

Il a fait partie de ces personnes de l’ombre qui ont servi leur pays, qui ont servi le monde. Durant sept présidences, de 1952 à 1986, le majordome, ce majordome, aura été un fidèle toujours dévoué à sa tache. Comme une ombre silencieuse, il se fondait dans l’intimité des présidents successifs pour les servir dignement. Tel un conseiller ne donnant jamais de conseil, se gardant toujours de rester placide. Discret, plein de bonhomie, il servait les invités du Bureau Ovale, ceux-là même qui ont écrit l’Histoire.

Puisqu’à travers sa vie, c’est bien l’histoire du pays qu’on entrevoit. Cet homme aura été aux premières loges des heures qui ont façonné les États-Unis. Le film est en cela une véritable fresque de la seconde moitié du siècle. Des débuts de la guerre froide à l’assassinat de Kennedy, de la guerre du Vietnam à la démission de Nixon, de la ségrégation au rêve de Luther King, ce majordome aura décidément tout connu et tout vécu.

Comme un dernier miracle avant qu’il ne s’éteigne en 2010 : l’élection de Barack Obama. Maintenant qu’un Président noir est élu, il peut partir tranquille. Lui qui a grandi et vécu dans une Amérique ségrégationniste, cet événement sonne comme l’aboutissement d’un rêve et d’un idéal. La seule chose que Cecil Gaines (ou Eugene Allen) peut regretter, c’est de n’être pas (ou de n’avoir pas été) le majordome de Barack Obama. Regret réciproque : celui-ci n’a pas caché ses larmes en regardant le film.


En salles depuis le 11 septembre 2013

De Lee Daniels, avec Forest Whitaker, Oprah Winfrey, Mariah Carey, Josh Cusack, …