IMG_5833Ce samedi s’est tenu partout en France la « Slutwalk », littéralement « marche des salopes ». A Lille, elles étaient une quarantaine à manifester leur lutte contre le sexisme.

 

Alors que la place de la République est toute occupée à fêter l’événement « Place aux vélos ! », voilà que des petites reines se joignent aux biclous. Vers 14h, elles sont environ quarante à distribuer des tracts et à interpeller les passants, surtout les passantes. Ni slogan scandé, ni porte-voix : uniquement des pancartes et des bannières pour résumer leur combat. Pas de marche dans la ville non plus, contrairement à ce qu’indique le nom de l’événement ; la préfecture n’a autorisé qu’une mobilisation statique.

Habillées un tantinet vulgaire pour certaines, elles sont venues pour rappeler qu’un « viol n’est jamais ni consenti, ni provoqué, ni de la faute de la victime ». Ouvertement féministes, elles refusent la culpabilisation des victimes de viol, ainsi que les insultes ou insinuations relatives à leur façon de s’habiller. « A dress is not a ‘yes’ », peut-on lire sur une pancarte. Le tract, lui, mentionne un slogan qui résume leur position sur le sujet : « Ne dites pas aux victimes comment s’habiller ! Dites aux prédateurs de ne pas violer ! » La question vestimentaire est d’ailleurs à l’origine de la première Slutwalk, à Toronto, le 3 avril 2011 ; un policier, Michael Sanguinetti, enquêtant sur une série de viols, avait recommandé aux femmes de ne pas s’habiller comme des « sluts ».

Le rassemblement est l’occasion, pour ces militantes, de mettre en lumière des chiffres édifiants. Près de 200 viols sont commis chaque jour et 193 000 agressions sexuelles sont « recensées » par an. Une femme meurt tous les 2,5 jours sous les coups de son conjoint. Dans 80% des cas, la victime connaît son agresseur (membre de la famille, ami,collègue de travail, …). Seule une victime sur dix porte plainte, alors qu’à peine 2% des agresseurs sont condamnés. Sorte de conclusion : « 1 femme sur 10 a été/sera agressée sexuellement en France », indique le tract. Certaines des jeunes femmes présentes au rassemblement ont déjà été victimes de tels actes.

Bien que le mouvement Slutwalk ne soit pas politique, il n’hésite pas à interpeller notre gouvernement, en particulier la ministre du Droit des Femmes, Najat Vallaud-Belkacem. Il rappelle les engagements pris concernant, notamment, le port du bracelet électronique, censé éviter les récidives.


> Voir les photos du SlutWalk de Lille