VG Goossens place RépubliqueLundi encore, ils se sont fait entendre dans les rues de Lille. Sans emploi depuis la mise en liquidation de leur usine, il y a un mois, les ex-salariés de l’imprimerie VG Goossens de Marcq-en-Baroeul ne baissent pas les bras.

 

Ils sont 127. 127 salariés sacrifiés sur l’autel de la rentabilité. 127 qui, depuis la mise en liquidation de leur usine, occupent le site et organisent une mobilisation d’ampleur chaque semaine. Lundi dernier, ils étaient une cinquantaine à être réunis rue Gambetta, face à la Direction Régionale du Travail ; les autres faisaient « du tractage à la sortie des autoroutes », entendait-on. Dès 9h30, une délégation a été reçue. Mais cela n’a pas empêché ceux restés dans la rue de faire un boucan d’enfer toute la matinée.

 

Les causes d’une faillite

Il semblerait que la perte de Nestlé, l’un des principaux clients de l’usine marcquoise spécialisée dans l’emballage alimentaire, ait marqué le début de la fin. En deux ans, le chiffre d’affaires de l’imprimerie est passé de 35 à 22 millions d’euros.

Néanmoins, la vraie raison de la fermeture de l’usine vient, a fortiori, de la volonté du groupe dirigeant, la famille belge De Somer, de délocaliser sa production vers l’Europe de l’Est, notamment en Lettonie et en Pologne. Cette décision aurait été précipitée par la retraite du fondateur, Philippe de Somer, dont le successeur à la tête du groupe Van Genechten n’est autre que son fils, Frédéric. Il s’agit d’une « mise en faillite volontaire », dénonce le tract distribué par les licenciés. Ces derniers ajoutent que, depuis 2000, la fortune de la famille De Somer est passée de 41 à 114 millions d’euros, faisant d’elle l’une des plus riches de Belgique.

 

Les conséquences de la mise en liquidation

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C’est le 4 septembre dernier que la décision est tombée : sur ordre de justice, l’imprimerie de Marcq-en-Baroeul est mise en liquidation. Coup dur pour les 127 employés, qui se retrouvent instantanément sans emploi ni indemnité. Dommage, pour eux qui estiment que leurs conditions de travail sont excellentes et que le matériel est à la pointe de la technologie. « Même dans la concurrence, on dit le plus grand bien de nous », déclare l’un d’eux. Bien que la maison-mère du groupe se situe en Belgique, près d’Anvers, c’est l’État français qui devra les indemniser. « Où passent vos impôts ? Ils serviront à [nous] indemniser »signale le tract.

Cette fermeture d’usine n’arrange pas non plus l’affaire des clients, expliquent deux syndiqués de la CFDT. L’usine Häagen Daz d’Arras, par exemple, se procure ses emballages auprès de VG Goossens Marcq-en-Baroeul. Suite à la fermeture de cette dernière, le fabricant de glaces est contraint d’aller se fournir auprès de sites allemands. Or, l’avantage de la proximité entre fournisseur et client (ici de 50 km) est justement de jouer sur la rapidité, la flexibilité et une bonne coordination. Sans compter que les coûts de transport reviendront plus chers…

Les deux autres sites français, l’un à Angoulême, l’autre à Meyzieu près de Lyon, restent ouverts et ne semblent pas menacées de fermeture. De même pour les sites belges, allemands et anglais. Ce que déplore un ex-salarié, c’est que « personne n’était au courant ». « Un de chez nous a envoyé des mails à nos collègues européens… et personne n’était au courant. »

VG Goossens Europe