Pourquoi je dors moins souvent dans les auberges de jeunesse

Il fut un temps où je ne jurais que par les auberges de jeunesse. Sans le sou comme peut l’être un jeune baroudeur qui ne travaille pas encore, je trouvais toujours un lit pour 15€ la nuit, petit-déjeuner inclus. Lors de mon premier voyage européen à Stockholm. Ou alors à Budapest ou à Rome, à Lyon ou à Paris – quand je n’y habitais pas encore… Ou encore lors de ma traversée de la France à pied, à l’été 2011 – même si j’ai passé quelques nuits à la gare, à l’aéroport ou dans une forêt.

Les auberges ont des avantages bien connus : c’est pas cher, convivial, généralement bien situé en centre-ville et c’est propice aux rencontres avec des backpackers du monde entier. Sans compter que c’est le type d’hébergement le plus adapté aux voyageurs solo de ma trempe. Seulement voilà, ces deux dernières années, je n’ai pratiquement pas dormi en auberge de jeunesse. Quand je l’ai fait, c’était faute de mieux, parce que les autres hébergements étaient franchement hors de prix – à Copenhague notamment. Et je n’ai même pas pensé à renouveler mon adhésion à la FUAJ / Hi Hostels, le plus grand réseau mondial d’auberges.

 

Calme et tranquillité

Mais alors, que se passe-t-il ? Sans doute ai-je pris les grands airs… Depuis que je travaille, disons que je peux me permettre de dépenser un (tout petit) peu plus pour l’hébergement. Si je trouve une chambre individuelle légèrement plus chère qu’un lit en dortoir, je la prends. Grâce à Booking, Hotels.com ou Airbnb, il est facile de trouver une chambre en hôtel ou en pension dès 30€, soit quelques euros de plus par rapport à une auberge. Dans ce cas, je ne m’en prive pas. C’est un petit sacrifice qui en vaut la peine.

 

À lire : Comment j’arrive à voyager beaucoup avec peu d’argent

 

Auparavant, dormir était pour moi une simple formalité. J’avais juste besoin du strict minimum, c’est à dire d’un lit, quatre murs et un toit pour occuper ma nuit. Aujourd’hui, je cherche une certaine tranquillité. Avec l’âge et l’épuisement continu induit par le travail, j’ai l’impression d’avoir perdu ma fougue d’autrefois. Après une longue journée de marche commencée au milieu de la nuit (je suis du genre à prendre l’avion à 6h du mat), j’aime m’écrouler sur un lit, un canapé, n’importe quoi de mou pourvu que ce soit reposant, et mettre de la musique en fond sonore. Je n’aime pas trop le farniente, mais il me faut des nuits reposantes pour poursuivre mes voyages avec ardeur, pour ne pas que la fatigue me ralentisse.

 

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Or le pire désagrément qui soit est de partager sa chambre avec un ronfleur. Le genre de gars qui, inconsciemment, empêche toute la chambrée de dormir et vous fait passer une nuit pas terrible. Et puis, reconnaissons qu’on ne se sent pas véritablement comme chez soi en auberge. Il y a un manque cruel d’intimité et l’hygiène laisse parfois à désirer. Tu as des allées et venues incessantes et imprévisibles qui t’obligent à être dans le contrôle permanent. Sans compter que t’as toujours quelqu’un qui rentre de soirée à 5h qu’un autre doit s’en aller à 6h. Sur l’un des deux, t’as forcément un je-m’en-foutiste qui laisse claquer la porte derrière lui. Des fois, tu n’arrives simplement plus à te rendormir et ça t’emmerde. Je suis peu regardant sur le confort, la taille de la chambre et les services proposés ; mais s’il vous plaît, laissez-moi dormir !

 

➡ À lire : J’ai écrit un article à ce propos sur Le Figaro Etudiant, en reprenant les résultats d’une étude de la FUAJ : le manque d’intimité et de tranquillité est le principal défaut des auberges, selon un tiers des jeunes.

 

En somme, j’apprécie les auberges pour leur ambiance et les rencontres qu’elles favorisent. Je reconnais même que ça me manque parfois de ne plus y dormir. Quand cela m’arrive, je choisis dans la mesure du possible une chambre individuelle : je profite ainsi de l’ambiance de l’auberge, les désagréments en moins. Autrement dit, j’évite désormais les “dortoirs”, qu’on appelle plus poliment “chambres partagées” pour faire moins caserne militaire. Hélas, rares sont les auberges qui disposent de ces deux types de chambre. Exception faite du Generator Hostel Prenzlauer Berg de Berlin (photo ci-dessous), où la chambre individuelle coûte seulement une quarantaine d’euros.

 

Those Berlin angles. 🔹 🔻 ◻ 📸: @visit_berlin

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